PARIS - Nicolas Sarkozy a déposé plainte jeudi contre le site "Nouvelobs.com" à la suite de la parution d'un article intitulé "L'obsession de Cécilia", a annoncé l'avocat du chef de l'Etat, Me Thierry Herzog, dans un communiqué.
Cet article affirme que le président de la République aurait adressé, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni, un SMS à son ex-épouse Cécilia l'enjoignant de revenir. "Si tu reviens, j'annule tout!", aurait écrit Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat a épousé samedi Carla Bruni à l'Elysée.
Mesdames et Messieurs, hier à 19h13 la terre a tremblé, le temps s'est arrêté, la République a vascillé : le "TextoGate" allait-il tout emporter sur son passage?
Les faits sont clairs et apparemment connus de "source sûre", le journalisme français se devait de révéler la vérité aux Français, quitte à mettre en danger les institutions. Quel professionnalisme tout de même.
Gilbert Cesbron disait : "Il y a deux sortes de journalistes : ceux qui s'intéressent à ce qui intéresse le public ; et ceux qui intéressent le public à ce qui les intéresse - et ce sont les grands". Désormais nous pouvons dire qu'il existe un troisième type de journalistes : ceux qui n'intéressent qu'eux-mêmes. Alors que les récents sondages ont tendance à démontrer que les potins présidentiels ont plutôt tendance à ennuyer les Français, les journalistes, eux, ils aiment toujours autant!
Où se situe la frontière entre l'information et le respect de la vie privée? Dans le cas qui nous intéresse ici il n'y a même plus lieu à se poser cette question car, si cela dépasse de loin les limites de la décence que le bon sens devrait imposer aux journalistes, cela ne constitue en aucun cas une "information" ; c'est du potin, de la "people-ade" et rien de plus. Il fût un temps pas si lointain où un Président de la République pouvait entretenir sa fille cachée pendant quinze ans, au su de toutes les rédactions, sans que personne ne moucharde car il existait un respect, "oui môsieur". Aujourd'hui, à l'heure de la "société du spectacle", il y a fort à parier que si le président avait une maîtresse à qui il désirerait rendre visite, une foule de journalistes l'attendrait devant la porte, le micro entre les dents : "Monsieur le président votre femme est-elle au courant de votre double-vie? Le fait d'avoir une double-vie n'est-il pas incompatible avec la fonction présidentielle? Que dites-vous aux Français qui vous regardent et qui ne peuvent pas s'offrir une double-vie? et blablabla...". Quand les "faiseurs d'opinions" deviennent des colporteurs de ragots, c'est un pas de plus vers la débilisation de la société. Pouvons nous imputer cette dégradation de l'information aux seuls médias? Il est bien évident que notre cher Président y est lui aussi pour quelquechose.
Sarkozy a construit son ascension politique sur sa présence dans les médias, son action c'est avant tout de la communication. Il a affiché sa vie de famille dans les tabloïds, partout où il est allé il y avait toujours une caméra. Il a cru pouvoir jouer avec les médias mais maintenant ce sont les médias qui jouent avec lui. Il s'est rêvé le nouveau John Kennedy mais n'est devenu que la Paris Hilton française. Ils l'ont adoré lorsqu'il était sublime, lorsque la fortune lui souriait ; désormais ils le détruiront à la moindre occasion. Il a lié son action à son image, il a fait en quelquesorte un pacte avec le diable et il finira par en payer le prix. Pourquoi le président devenu un people comme les autres serait-il mieux traité qu'une vulgaire Britney Spears? Non, vraiment, remercions Sarkozy d'avoir à ce point subordonné le pouvoir politique à l'influence médiatique. Il y a trois semaines à peine il se baladait en Egypte déguisé en touriste-milliardaire américain aux bras de sa vedette du mannequinat de concubine, les sondages défavorables tombent et voilà qu'il se marie en cachette : quelle réactivité! Maintenant nous savons qui dirige réellement ce pays, les instituts de sondage et a fortiori les médias qui les payent.