Jai eu beau chercher dans tous les coins, dépoussièrer de vieux préjugés, je nai pas trouvé lhomme supérieur ; quai-je donc trouvé à la place? Un amas, un tas dimmondices.
Je regarde autour de moi aujourdhui et je vois toujours la même chose ; je pose mes yeux sur un homme, et sur un autre, et cest la même rengaine. Pourtant, je nai pas rêvé, mes yeux se sont bien déplacés, mais ce nest pas une autre personne au sens ou jaurais affaire à une autre personnalité. « Tous les mêmes. » ; vieux proverbe de filles superficielles, mais parfois la superficialité a un zeste de raison. Quest-ce que je voudrais trouver alors? Et bien, de la différence.
On nous sert ce quil est semble-t-il légitime daimer, daduler, pour être « comme les autres » ; mais être comme les autres, cest nêtre rien. Lhomme supérieur na pas beaucoup à faire pour se démarquer, pour se multiplier, il suffit quil se poste à côté de cette immensité de zéros, et le voilà qui centuple.
Mais cet homme supérieur, il est bien seul ; personne ne le voit. Il a beau crier quici est la vérité, quici est la voie, le troupeau séloigne ; leur berger est médiatique, emportés par leur tendance à limitation, ils miment un idéal qui est déjà trop puant, déjà trop vicié pour être valable. Il croit quen faisant comme les autres, quen écoutant ce quils écoutent, quen regardant ce quil regarde, il deviendra comme eux ; mais pourquoi vouloir devenir comme eux, pouvoir ne vouloir rien devenir?
Toujours la même chose, toujours les mêmes valeurs, toujours les mêmes rêves ; respect et esprit dentraide, volonté de devenir le sauveur de lhumanité. Mais avant de vouloir sauver lhumanité, ils devraient se sauver eux-mêmes ; avec leurs ailes trop frêles pour voler seules, ils sont comme Icare qui vole trop près du soleil. Pour être différent aujourdhui, il faut séloigner du troupeau ; les autres auront beau vous huer, vous mépriser, vous savez très bien que ce sont eux, les désespérés, eux, ceux qui ont trop peur pour penser par eux-mêmes, pour trouver leur personnalité ; le troupeau sen va lentement rejoindre le prochain pâturage médiatique, mais le supérieur lui, se retire dans sa grotte et sait que la vérité est proche.
Trés bon article dans lequel je me suis retrouvée ! Je pense que nous avons chacun des raisons différentes de porter un tel jugement sur les hommes. Bon, je ne suis encore qu'au lycée, alors prends ce commentaire comme tu le voudras, mais je me suis toujours sentie "différente" (pas plus intelligente, ni supérieure en quoi que ce soit) mais je voulais rencontrer des gens "différents", aux profils "atypiques". Et j'ai souvent approché la médiocrité par des gens cultivant un genre particulier, ayant la forme mais aucun fond ! Et c'est marrant que je tombe sur ton blog ce soir car cet apres-midi j'étais en cours de philosophie et avec mon prof nous parlions du mythe de la caverne de Platon, et celui ci nous disais (nous étions sortis de l'étude du texte), que parfois il fallait aller au delà des préjugés, explorer vraiment la chose en question pour se forger un réel avis, avec argumentes à l'appui. Ce qu'il a dit m'a fait réfléchir, car j'ai pensé à moi même et me suis demandée si je ne jugeais pas les gens un peu trop durement, car pas assez brillants ni impressionants, et que si je prenais la peine d'engager de réelles discussions, je pourrais peut être trouver des gens qui me conviennent ! Je n'ai aucun mal à le faire en dehors du lycée, mais je me demande si je n'ai pas porté un jugement trop hâtif sur le lycée (réputation bourgeoise, trés m'as-tu-vu), et si tous les gens sont vraiment comme ça? Mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de m'intéresser à eux car un élan de flemme me prend à chaque fois. C'est triste, mais je me dis que si je suis dans cette logique à chaque fois, je ne vais pas aller loin dans la vie !